De l’ACS2 a la COP30 : Promouvoir Une Seule et Meme Vision et Une Seule et Meme Voix pour la Transition Energetique de l’Afrique
Le deuxieme Sommet africain sur le climat (ACS2, African Climate Summit) s’est tenu a Addis-Abeba, en Ethiopie, du 8 au 10 septembre 2025 et fait desormais office de tremplin strategique pour la realisation des objectifs de l’Afrique en matiere d’energie propre et de climat. Cette trajectoire devrait se poursuivre lors du prochain sommet de luanda sur le financement (LFS, Luanda Financing Summit), prevu du 28 au 31 octobre, et de la 30eme conference des parties (COP30), qui se deroulera du 10 au 21 novembre au Brésil. Ensemble, ces trois evenements de haut niveau, qui se derouleront en septembre, octobre et novembre, constituent une opportunite ideale et coordonnee visant a faire progresser le continent sur la voie du developpement durable.
ACS2: S’engager en faveur du changement
Le Sommet de l’ACS2 a culminé avec l’adoption par les dirigeants africains de la Déclaration d’Addis-Abeba sur le changement climatique et l’appel à l’action, qui positionne l’Afrique en tant »« qu’architecte » de solutions climatiques. Plus de 25 000 participants se sont retrouvés pendant le sommet – des chefs d’État et de gouvernement aux jeunes et aux leaders locaux – pour élaborer des engagements clés et des solutions innovantes.
Parmi les initiatives notables lancées lors de l’ACS2 figurent le Pacte africain pour l’innovation climatique (ACIC, Africa Climate Innovation Compact) et le Fonds africain pour le climat,[NS2] tous deux conçus pour mobiliser 50 milliards de dollars par an afin de fournir 1 000 solutions climatiques africaines d’ici 2030 dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, de l’eau, des transports et de la résilience climatique. En parallèle, un renforcement de 100 milliards de dollars de l’Initiative africaine pour l’industrialisation verte (AGII, Africa Green Industrialization Initiative) a été dévoilé afin de soutenir une transformation durable dans des secteurs clés. Le lancement officiel du Cadre de résilience juste pour l’Afrique (JRF, Just Resilience Framework), développé pour travailler en parallèle du Fonds d’impact pour la justice climatique en Afrique (CJIFA, Climate Justice Impact Fund for Africa), et qui offre à la fois un cadre stratégique et un financement dédié à l’action climatique menée au niveau local, a été une autre étape importante.
Le résultat le plus marquant de l’ACS2 a toutefois été l’appel unifié et stratégique de l’Afrique sur la scène mondiale. Conformément à la déclaration d’Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien, dans son discours d’ouverture :
L’Afrique n’est pas à l’origine de cette crise, mais elle peut jouer un rôle essentiel dans sa résolution. Nous ne sommes pas ici pour négocier notre survie ; nous sommes ici pour concevoir la prochaine économie climatique à l’échelle mondiale. Nous pouvons être la première région à s’industrialiser sans détruire nos écosystèmes et, à l’approche de la COP30, l’Afrique doit se présenter non pas comme un bloc de négociateurs, mais comme un continent de solutions. Nous appelons à des investissements réels, et non à la charité.
Il s’agit d’un message assertif qui semble destiné à influencer les négociations financières lors du prochain Sommet de Luanda sur le financement ainsi que les appels à l’action lancés à l’échelle mondiale lors de la COP30.
Le Sommet de Luanda sur le financement: des engagements aux capitaux
Le prochain Sommet de Luanda sur le financement pour le développement des infrastructures en Afrique, prévu en octobre 2025 en Angola et organisé en collaboration avec l’Agence de développement de l’Union africaine-NEPAD (AUDA-NEPAD) et la Commission de l’Union africaine (CUA), constitue une opportunité décisive de tirer parti de l’élan suscité par l’ACS2. L’objectif du sommet est de mobiliser des capitaux et d’accélérer la mise en œuvre de projets d’infrastructure stratégiques conformes aux objectifs de l’Afrique en matière de climat et de développement.
Parmi les priorités clés à l’ordre du jour du sommet figure la promotion de mécanismes de financement innovants visant à fournir un accès à l’électricité à plus de 600 millions d’Africains qui en sont actuellement privés, principalement en tirant parti d’initiatives telles que le Marché unique africain de l’électricité (AfSEM, African Single Electricity Market). Cela soutient simultanément l’ambition plus large de mobiliser 1 300 milliards de dollars à l’horizon 2040 afin de créer un marché unifié de l’électricité à l’échelle du continent. En outre, le sommet abordera les déficits de financement persistants du Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA, Programme for Infrastructure Development in Africa), une initiative phare à l’échelle du continent axée sur la réalisation de projets d’infrastructure transfrontaliers transformateurs.
En route vers la COP30 : engagements, capitaux et stratégie pour une Afrique unie
L’ACS2 a essentiellement établi les bases d’une voix africaine unifiée et stratégique sur la scène climatique mondiale. Alors que le continent se prépare à la COP30, les principales priorités à l’ordre du jour comprendront notamment le renforcement des ambitions des Contributions déterminées au niveau national (CDN), l’augmentation du financement de l’adaptation et l’accroissement des investissements dans les projets d’énergie renouvelable dans les pays du Sud. Dans ce contexte, l’Afrique est particulièrement bien placée pour mener la transition vers l’énergie propre au niveau mondial, compte tenu de ses vastes ressources naturelles largement inexploitées. Il convient de noter que bien que le continent possède 60 % du meilleur potentiel solaire au monde, il reçoit actuellement moins de 2 % des investissements mondiaux dans les énergies propres. La COP30 offre par conséquent une opportunité idéale de s’appuyer sur les engagements pris dans le cadre de l’ACS2 afin de combler ce déficit d’investissement, de renforcer le rôle de l’Afrique en tant que moteur des solutions climatiques et de promouvoir des mécanismes de financement climatique qui correspondent aux priorités de développement du continent.