Bonnes relations de voisinage, engagement inclusif, priorités communes : s’appuyer sur la dynamique de 2025 dans le cadre du Partenariat Afrique-UE pour l’énergie
Réfléchir, c’est apprendre ; apprendre, c’est évoluer. Alors que le Secrétariat du Partenariat Afrique-UE pour l’énergie (PAEE) célèbrera son 20ème anniversaire l’an prochain, nous entamons 2026 avec un engagement renouvelé visant à contribuer à un espace énergétique Afrique-Europe juste, inclusif et durable. Nous abordons l’année 2026 dans un esprit de réflexion, en revenant sur les progrès, les étapes importantes et les défis de 2025 à travers le prisme de nos membres du Groupe de pilotage. Les enseignements tirés de cette réflexion seront déterminants dans la mise en œuvre de nos projets, pour une année riche en événements.
En passant en revue les succès des années précédentes, une constatation s’impose tout naturellement : à mesure que la transition énergétique s’accélère, les efforts ne se limitent plus à manifester des intentions, mais portent désormais sur le recalibrage des stratégies de mise en œuvre afin de faire progresser la vision commune d’un partenariat énergétique efficace entre les deux continents. Lors d’entretiens avec Philipp Knill, directeur général adjoint pour l’Afrique au sein du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et le Général Mohamed Ossama Eissa, responsable de l’Administration centrale pour la Coopération et les Accords à l’échelle internationale au sein du Ministère égyptien de l’Électricité et des Énergies renouvelables, le PAEE aborde les questions suivantes : quels sont les principaux accomplissements, quels sont les défis qui subsistent et quelle est la voie à suivre ?
Surmonter des « circonstances difficiles » : bonnes relations de voisinage entre l’UA et l’UE
2025 a été une année décisive pour les progrès réalisés dans le domaine des énergies propres. Le rapport « European Electricity Review » publié récemment révèle que, pour la première fois en 2025, la production d’électricité issue de l’énergie éolienne et solaire dans l’Union européenne (UE) a dépassé celle issue des combustibles fossiles. En dépit de cet événement marquant et de prévisions optimistes, l’année a également apporté son lot de nouveaux défis dans le cadre des dialogues sur le climat et l’énergie menés à l’échelle mondiale. Lors d’un entretien avec le PAEE, Philipp Knill souligne que l’année 2025 a débuté avec des « circonstances difficiles » liées aux changements géostratégiques, notamment la position « moins favorable des États-Unis envers les énergies renouvelables » ainsi que des tensions sporadiques entre les acteurs importants du secteur énergétique.
Malgré une imprévisibilité accrue, le BMZ note toutefois que le Secrétariat du PAEE a continué à jouer un « rôle significatif en maintenant l’unité entre les partenaires africains et européens sur les questions stratégiques et les réformes visant à accélérer les cadres de la transition énergétique. » Dans ce contexte, il est possible d’affirmer que l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) ont apporté une réelle valeur en favorisant un partenariat d’égal à égal en tant que « voisins les plus proches », ou comme le dit l’adage, « de bons voisins devenant les meilleurs alliés ». Ces bonnes relations de voisinage se sont traduites par des résultats remarquables, notamment lors du deuxième Sommet africain sur le climat (ACS2) et du 7ème Sommet UA-UE.
En outre, dans un esprit qui consiste à donner la priorité à l’amélioration de la coordination, de l’intégration et de l’unification des efforts visant à réaliser l’ambition d’une transition énergétique juste, le PAEE a également tracé une trajectoire significative au niveau régional. Le Général Eissa, par exemple, salue les efforts déployés par le PAEE pour élargir la base de participation du Partenariat afin d’inclure des institutions régionales clés. L’intégration ultérieure de pools énergétiques régionaux et de partenaires institutionnels dans les forums de dialogue technico-politique a renforcé le caractère inclusif et l’efficacité des discussions en cours sur la sécurité énergétique.
Alors que nous nous tournons désormais vers l’avenir pour définir une vision ambitieuse post-2027 – après le 20ème anniversaire du PAEE –, le Général Eissa partage l’idée que les principaux enseignements tirés de ces efforts confirment « l’importance d’harmoniser les priorités nationales et régionales, de renforcer l’appropriation des initiatives par l’Afrique et de relier les cadres politiques à des résultats mesurables. »
Favoriser la complémentarité, l’inclusivité et les synergies
Les progrès au sein de systèmes complexes, à l’instar de la transition énergétique, sont rarement immédiats. Ils sont plutôt lents et constants, semblables à des gouttes d’eau qui, ensemble, forment un océan, et se construisent dans le cadre d’une série d’interventions réfléchies. À cet égard, les sommets de haut niveau qui se sont déroulés en 2025 ont joué un rôle de catalyseur dans le lancement d’initiatives dédiées aux objectifs de transition énergétique de l’Afrique. Parmi les plus importants figurent le lancement du Programme énergétique continental en Afrique (CEPA) financé par l’UE, le projet ENGAGE soutenu par le BMZ pour accélérer la transition énergétique en Afrique, et le Pacte africain pour l’innovation climatique (ACIC), tous lancés lors de l’ACS2 qui s’est tenu à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 8 au 10 septembre.
Lors de leurs échanges avec le PAEE, Philipp Knill et le Général Eissa ont reconnu la valeur ajoutée des initiatives clés lancées lors de l’ACS2 pour concrétiser la vision commune entre l’Afrique et l’Europe d’une transition énergétique juste, d’un avenir sécurisé sur le plan énergétique et de l’expansion des énergies renouvelables. Pour en maximiser les bénéfices, le Général Eissa souligne également la nécessité de continuer à « garantir la complémentarité entre ces initiatives, éviter les doublons et renforcer la coordination globale avec les cadres régionaux existants. »
Dans le même esprit, Philipp Knill insiste sur le fait que ces initiatives doivent continuer à contribuer à la « vaste question » des partenariats pour une énergie propre et s’efforcer de « s’aligner étroitement sur les priorités africaines telles qu’elles sont définies au niveau de l’UA et de l’UE. » À cette fin, une voie à suivre consiste à exploiter les synergies entre les initiatives récemment lancées et celles qui existaient déjà afin de servir au mieux l’objectif d’un avenir énergétique durable, sûr et inclusif pour l’Afrique et l’Europe.
Les énergies renouvelables donnent le ton : tendances émergentes
Tout au long d’une année 2025 riche en événements, Philipp Knill a réaffirmé qu’à l’échelle des deux continents, « nos partenaires africains et européens nous ont clairement confirmé que les énergies renouvelables donnent désormais le ton. » Il a en outre été observé que « même si les conditions-cadres mondiales avaient posé certaines questions difficiles, le PAEE avait accompli un travail remarquable en maintenant la dynamique du dialogue bilatéral. »
Au fil des années et à mesure que de nouvelles questions se posent, Philipp Knill ajoute que le PAEE continuera à se développer « uniquement grâce à l’importance que lui confèrent ses partenaires continentaux, ses États membres et son Comité directeur. » La nouvelle année s’accompagne d’un optimisme croissant quant à l’occasion de rendre le Partenariat plus « inclusif », avec la possible admission de nouveaux États membres africains, une implication accrue de la part des Européens et l’élargissement des rôles d’observateurs afin que les formats du dialogue restent « vivants et novateurs. » En parallèle, il convient toutefois de trouver un équilibre délicat, afin de « rester prudents et ne pas créer une « machine trop lourde », et d’investir stratégiquement les ressources communes d’une manière qui puisse être mesurée à l’aide de résultats tangibles. »
Au niveau régional, le Général Eissa soutient la promotion d’une « représentation équilibrée et inclusive » au sein du PAEE et du Groupe de pilotage « qui reflète au mieux les priorités africaines », parallèlement aux efforts progressifs visant à garantir que les initiatives stratégiques s’ancrent dans des résultats concrets et mesurables pour les prochaines étapes du Partenariat. Face à ces tendances émergentes sur lesquelles le Groupe de pilotage entend miser, l’Égypte met en avant la nécessité de renforcer les projets d’interconnexion régionale et transfrontalière des réseaux électriques, d’approfondir les partenariats financiers innovants, de faciliter l’intégration des projets d’énergie renouvelable à grande échelle dans les réseaux électriques et de développer les solutions de stockage de l’énergie, qui constituent des étapes cruciales pour faire progresser la vision commune de l’UA et de l’UE en faveur d’un avenir énergétique sûr.
Avec une année 2025 mémorable et de nombreuses autres années importantes qui ont contribué à la construction du Partenariat, nous continuons à réfléchir, à apprendre et à évoluer. Alors que le PAEE s’apprête à fêter prochainement ses vingt ans, l’année 2026 marquera une étape importante, qui permettra de souligner ce qui a fonctionné, ce qui reste à renforcer et la manière dont le Partenariat doit continuer à évoluer.