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De l’urgence à l’unité : Le paquet de Belém de la COP30 met en lumière la collaboration, les engagements et les lacunes qui subsistent

Un dialogue politique nourri

La 30e session de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP30), qui vient de s’achever, s’est tenue dans la ville brésilienne de Belém du 10 au 21 novembre et a été surnommée la « COP de la mise en œuvre ». Cette année, la conférence mondiale sur le climat s’est réunie dans l’espoir de traduire des engagements de longue date en actions concrètes, notamment ceux de l’Accord de Paris et du Bilan mondial de 2023.

Nous examinons ici quelques-uns des principaux résultats de la COP30 ; les initiatives nouvellement lancées, les engagements révisés et certaines opportunités manquées qui, ensemble, auront un impact sur la trajectoire des cadres mondiaux de gouvernance en matière de climat et d’énergie.


Paquet de Belém : Diriger par le consensus

Le résultat le plus important de la conférence a été l’adoption par 195 pays du paquet de Belém en 29 points.Celui-ci comprend une série d’accords sur des sujets tels que la transition juste, le financement de l’adaptation, le commerce, l’égalité femmes-hommes et la technologie, tout en renouvelant l’engagement collectif en faveur d’une action accélérée et d’un régime climatique plus proche de la vie des citoyens. Comme l’a fait remarquer André Corrêa do Lago, président de la COP30, « Alors que nous quittons Belém, ce moment ne doit pas être considéré comme la fin d’une conférence, mais comme le début d’une décennie décisive ». 

 Certaines des initiatives clés approuvées par consensus incluent :
– L’engagement à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2035,
Un plan d’action pour une transition juste,
Un plan d’action pour l’égalité femmes-hommes,
– Plus de 122 pays ont mis à jour leurs contributions déterminées au niveau national (CDN), renouvelant leur engagement mondial en faveur de l’objectif de 1,5°C, etc.

Nouvelles initiatives : Le pouvoir des collaborations

Lors de la COP30, les pays se sont également unis pour annoncer des initiatives visant à mener la transition énergétique mondiale vers les énergies renouvelables grâce à l’abandon progressif des combustibles fossiles. Le passage de l’urgence à l’unité et de l’unité à l’action collective est illustré par les exemples suivants :

– Plus de 80 pays ont approuvé conjointement la Déclaration de Belém sur la transition équitable vers l’abandon des combustibles fossiles. Dans ce contexte, la Colombie et les Pays-Bas co-organiseront la Conférence de Santa Marta sur l’abandon des combustibles fossiles en avril 2026. Cette conférence devrait s’appuyer sur la dynamique des discussions de la COP en faveur d’une transition énergétique équitable. Notamment, la Corée du Sud, qui possède le septième plus grand parc de centrales à charbon au monde, a déclaré qu’elle cesserait de construire de nouvelles centrales et qu’elle fermerait progressivement les centrales existantes.

– Dans le même ordre d’idées, l’accent a également été mis sur l’amélioration et la création de chaînes d’approvisionnement résilientes en énergies renouvelables afin de faciliter et d’accélérer la transition énergétique équitable à l’échelle mondiale. Les réunions ministérielles et le programme d’action pour le climat de la COP30 ont donné lieu à des discussions sur les chaînes d’approvisionnement, qui ont abouti au lancement d’un nouveau partenariat stratégique pour relever les défis liés aux chaînes d’approvisionnement qui affectent le secteur de l’énergie à l’échelle mondiale, dirigé conjointement par l’Utilities for Net Zero Alliance (UNEZA) et la Global Clean Power Alliance (GCPA).

– Le Brésil, l’Afrique du Sud et le Royaume-Uni ont pris conjointement l’initiative de la Déclaration de Belém sur l’industrialisation verte mondiale (Belém Declaration on Global Green Industrialisation), témoignant d’une volonté collective de transition vers une économie mondiale basée sur les énergies renouvelables. Cette déclaration place l’industrialisation verte au cœur des cadres politiques en matière de climat et de développement, en soulignant que les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les chaînes de valeur durables sont essentielles à la décarbonisation des industries.

– Les réseaux verts ont constitué un autre sujet important dans les négociations sur le secteur de l’énergie lors de la COP30 et ont fait l’objet d’engagements significatifs en matière d’augmentation des capacités. L’UNEZA s’est engagée à augmenter ses investissements annuels de 20 % pour atteindre 148 milliards de dollars par an, ce qui pourrait ouvrir la voie à un investissement de 1 000 milliards de dollars pour l’extension des réseaux et des capacités de stockage. Dans le même ordre d’idées, un engagement visant à quadrupler l’utilisation de combustibles durables d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 2024 a été pris lors du Sommet des dirigeants de la COP. 

– D’autres initiatives clés en matière de climat ont été lancées, notamment la Coalition ouverte sur la conformité des marchés du carbone – une initiative conjointe menée par l’Union européenne et le Brésil pour améliorer l’efficacité de la tarification du carbone et des mécanismes de marché afin de soutenir les réductions d’émissions, la Déclaration sur le lancement de l’initiative Tropical Forest Forever Facility approuvée par l’UE(un mécanisme mondial de financement innovant qui récompense la conservation des forêts tropicales, ainsi que l’appel à l’action de Belém pour les forêts du bassin du Congo), qui soutient l’objectif d’inverser la déforestation et de réduire la dégradation d’ici 2030 dans la région.

Les grands absents : Le cas des combustibles fossiles oubliés

L’une des principales lacunes signalées par les partisans du climat et des énergies propres était l’absence de mention explicite de l’élimination progressive de l’utilisation des combustibles fossiles dans la déclaration finale du sommet, ce qui constitue un revers majeur pour les négociations précédentes de la COP sur le sujet. À cette fin, le secteur de l’énergie suivra de près la manière dont les initiatives volontaires et collaboratives, y compris la Déclaration sur la transition juste et la prochaine conférence de Santa Marta sur l’élimination progressive des combustibles fossiles, contribueront à la transition vers les énergies renouvelables..

Outre la signature de nouveaux engagements, les Commissions africaine et européenne ont également facilité des dialogues de haut niveau et des événements parallèles à la COP30 afin de mener l’action mondiale en faveur de l’énergie propre et de l’action climatique :

– La Commission de l’Union africaine (CUA), en collaboration avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et la Banque africaine de développement (BAD), a organisé Dialogue de haut niveau de la Journée de l’Afrique le 11 novembre. Le thème de cette conférence était « L’Afrique à l’avant-garde de l’action climatique »: un financement durable pour une croissance verte résiliente et inclusive. »

– La Commission européenne, en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie, a organisé une table ronde ministérielle sur l’action politique et les progrès réalisés dans le cadre de l’engagement mondial visant à doubler les énergies renouvelables et à tripler l’efficacité énergétique le 12 novembre. Elle a réuni des ministres, des institutions financières internationales et des groupes industriels pour faire le point sur les progrès accomplis à l’échelle mondiale en vue de la réalisation des objectifs de 2030 en matière d’énergie propre.

Alors que le soleil se couchait à Belém, après deux semaines de dialogue sur le climat et l’énergie, l’urgence s’est muée en unité, et l’unité a conduit à l’action avec l’union de la communauté internationale. Les appels au mutirão, un terme brésilien désignant un effort collectif et communautaire, ont pris de l’ampleur. Ce phénomène reflète un esprit de collaboration ancré dans un effort mondial coordonné visant à accélérer et amplifier le rythme du changement nécessaire au cours de cette décennie.

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