AEBF 2025 : Faire progresser le secteur de l’énergie en Afrique grâce au TYIIP et à la mobilisation du secteur privé de l’UE
Le plan décennal d’investissement dans les infrastructures énergétiques en Afrique (TYIIP) pour la connectivité transfrontalière, un document hérité de la présidence sud-africaine du G20, met en avant les projets énergétiques prioritaires pour le continent, en accord avec les initiatives continentales telles que le plan directeur pour un système électrique continental (CMP), le marché unique africain de l’électricité (AfSEM) et la Mission 300. La rationalisation, le soutien et l’amplification de la participation du secteur privé aux projets transformateurs seront essentiels pour concrétiser ces initiatives.
Le Partenariat Afrique-UE pour l’énergie (AEEP), en collaboration avec l’AUDA NEPAD, a organisé une discussion sur l’avancement du secteur de l’énergie en Afrique grâce au TYIIP et à la mobilisation du secteur privé de l’UE lors du Forum d’affaires UA-UE à Luanda, en Angola, le 25 novembre 2025.
M. Tichakunda Simbini, le Directeur principal du Programme énergétique, Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD), a présenté le plan décennal d’investissement dans les infrastructures, en soulignant l’objectif du plan, qui consiste à l’aligner rigoureusement sur les initiatives et les plans en cours plutôt que de créer quelque chose de nouveau.
Au cours de la discussion, animée par Mme Towela Nyirenda Jere, cheffe du secrétariat de l’AEEP, des exemples de projets dans lesquels le secteur privé européen a été mobilisé ont été présentés. L’un d’eux est un projet Global Gateway d’électrification rurale en Angola, où le gouvernement angolais a demandé à MCA de trouver une solution renouvelable pour 60 villages représentant 200 000 ménages et un million de personnes. La Stratégie Global Gateway de l’UE vise à renforcer les connexions intelligentes, propres et sûres dans les secteurs du numérique, de l’énergie et des transports. Depuis 2021, Team Europe a mobilisé plus de 306 milliards d’euros d’investissements pour soutenir des projets durables et de qualité, dans le cadre desquels le Programme d’investissement Global Gateway UE-Afrique soutient l’Afrique avec 150 milliards d’euros d’investissements.
En Angola, MCA, une société privée européenne, met en œuvre le projet, d’une valeur d’un milliard d’euros, démontrant comment le secteur privé peut collaborer avec le secteur public pour trouver des solutions rentables et bénéfiques à la fois financièrement et localement. M. Rodrigo Rendeiro Costeira, Consultant, MCA, a expliqué comment MCA a travaillé avec des partenaires techniques en Europe pour trouver les bonnes solutions et des financements adaptés, démontrant comment le secteur privé peut apporter sa capacité de mise en œuvre et d’exécution, ainsi que des approches basées sur la performance, tandis que le secteur public joue son rôle critique dans la définition de la stratégie globale, des politiques, des pipelines et des programmes d’investissement.
M. Ad Dankers, conseiller en financement de projets d’énergie renouvelable, GET.invest, a ajouté qu’il était essentiel d’impliquer le secteur privé le plus tôt possible dans la phase de préparation du projet. Ce n’est qu’en procédant ainsi et en assurant une collaboration entre toutes les parties à la structuration des projets que des solutions de financement efficaces pourront être intégrées dans la conception globale du projet.
Mme Marie-Hélène Loison, directrice régionale pour l’Afrique australe, AFD, a souligné la nécessité d’un alignement, non seulement entre l’Afrique et l’Europe, mais aussi au sein des continents. « Nous pensons qu’il est possible de concilier les intérêts européens et les priorités africaines », a déclaré Mme Loison. Pour que les entreprises françaises, par exemple, puissent identifier les bonnes opportunités d’investissement, il est essentiel qu’il y ait des priorités claires du côté africain et, selon Mme Loison, le TYIIP en est un bon exemple. En outre, les panélistes ont recommandé une meilleure coordination et davantage d’informations sur les instruments de financement de l’UE afin de rendre le système plus transparent pour les acteurs publics africains ainsi que le secteur privé européen.